Raffinerie de Kribi : La technologie modulaire pour tenir les délais

Entre souveraineté énergétique, industrialisation et ambition régionale, le projet pétrolier et logistique CSTAR poursuit progressivement son déploiement à Kribi, sur la façade maritime camerounaise. Porté par la Société nationale des hydrocarbures (SNH), Ariana Energy, le Consortium RCG et Tradex, ce vaste complexe énergétique mise sur une innovation industrielle devenue stratégique : la technologie modulaire.

Juin 11, 2026 - 01:17
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Raffinerie de Kribi : La technologie modulaire pour tenir les délais

Le week-end dernier, une délégation de CSTAR conduite par Nathalie Moudiki a effectué une visite sur l’un des sites de fabrication des modules destinés au futur complexe pétrolier. Selon les responsables du projet, les travaux avancent conformément au calendrier fixé, aussi bien sur les sites industriels de fabrication qu’au Cameroun, où les opérations de terrassement et de préparation du terrain progressent normalement.
Cette évolution rassure les promoteurs du projet, convaincus que CSTAR s’inscrit pleinement dans les objectifs de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), notamment en matière d’industrialisation, de transformation locale des ressources et de création d’emplois durables.
Au cœur du projet figure une raffinerie couplée à un dépôt stratégique de produits pétroliers. Une infrastructure appelée à jouer un rôle majeur dans la relance de l’industrie de raffinage au Cameroun, six ans après l’incendie ayant paralysé l’unique raffinerie du pays en 2019.
Pour accélérer les délais de réalisation, les partenaires ont choisi de recourir à la technologie modulaire. Le principe consiste à fabriquer en usine des unités industrielles complètes avant leur transport vers le site final où elles sont assemblées.
Cette approche industrielle permet de réaliser simultanément les travaux de fabrication et ceux liés à la préparation du terrain. Selon plusieurs experts du secteur, cette méthode peut réduire les délais de construction de 20 à 50 % comparativement aux projets classiques.
« Chaque module est testé en usine avant son expédition », expliquent des spécialistes du domaine. Une solution qui garantit une meilleure qualité technique tout en réduisant les risques liés aux grands chantiers industriels.
Les modules concernent notamment les unités de distillation, de traitement, de stockage, les systèmes électriques et les équipements utilitaires. Développée par de grands groupes internationaux d’ingénierie comme Honeywell UOP, Technip Energies ou Worley, cette technologie s’impose progressivement comme une réponse adaptée aux réalités africaines.
Dans plusieurs pays du continent, des projets similaires ont déjà été mis en œuvre. Au Nigeria, la raffinerie Dangote a recours à des milliers de modules préassemblés. En Angola, au Kenya ou encore en Ouganda, des raffineries modulaires de taille moyenne permettent également d’alimenter progressivement les marchés locaux.
Pour le Cameroun, cette option présente plusieurs avantages stratégiques. En plus de raccourcir les délais de réalisation, elle permet de mieux maîtriser les coûts d’investissement, d’améliorer la sécurité sur les chantiers et d’adapter progressivement les capacités de production aux besoins nationaux.
Malgré certaines contraintes logistiques liées au transport des équipements, la modularisation apparaît aujourd’hui comme une solution crédible pour les pays africains souhaitant renforcer leur autonomie énergétique sans supporter immédiatement le coût de gigantesques infrastructures conventionnelles.
À travers CSTAR, le Cameroun ambitionne ainsi de tourner progressivement la page d’un modèle centré sur l’exportation brute des ressources pétrolières pour entrer dans une logique de transformation locale et de souveraineté industrielle.