Transition écologique : L'EELC mise sur l'économie verte
À travers son Projet Environnement, l'Église Évangélique Luthérienne du Cameroun renforce son engagement en faveur du développement durable. À Touboro, 45 jeunes sont formés au recyclage et à la valorisation des déchets afin de faire de l'économie circulaire un levier d'emploi, d'entrepreneuriat et de protection de l'environnement.
Dans un contexte où les défis liés à l'insalubrité urbaine, au chômage des jeunes et aux changements climatiques se multiplient, plusieurs initiatives misent désormais sur l'économie verte pour apporter des réponses concrètes. C'est dans cette dynamique que s'inscrit la formation organisée à Touboro par le Projet Environnement de l'Église Évangélique Luthérienne du Cameroun (EELC), en partenariat avec la Jeunesse de l'EELC (JEELC) et la commune de Touboro.
Placée sous le slogan « Ton déchet, mon trésor », cette session réunit quarante-cinq jeunes, dont trente issus des dix régions ecclésiastiques de l'EELC et quinze sélectionnés par la commune hôte. L'objectif est de leur transmettre des compétences techniques en matière de collecte, de tri, de recyclage et de valorisation des déchets, tout en les initiant aux opportunités économiques qu'offre le secteur de l'économie circulaire.
Durant plusieurs jours, les participants alternent entre enseignements théoriques et ateliers pratiques. Ils découvrent notamment les procédés de transformation des déchets plastiques, les techniques de valorisation des déchets organiques ainsi que les bases de la création d'activités génératrices de revenus dans le domaine du recyclage.
Pour les promoteurs de cette initiative, la gestion des déchets ne relève plus uniquement des politiques d'assainissement. Elle représente désormais un véritable secteur économique capable de créer des emplois, particulièrement pour les jeunes. L'ambition est de faire émerger une nouvelle génération d'entrepreneurs verts capables de répondre aux besoins de leurs communautés tout en contribuant à la protection de l'environnement.
À l'ouverture des travaux, le maire de Touboro, Yandal Célestin, a salué une initiative qui répond simultanément aux enjeux de l'insalubrité et du chômage des jeunes. Il a encouragé les bénéficiaires à transformer les connaissances acquises en projets économiques viables, tout en réaffirmant la disponibilité de la commune à accompagner les initiatives les plus prometteuses.
Même vision du côté de l'Église Évangélique Luthérienne du Cameroun. À travers son Projet Environnement, l'organisation souhaite promouvoir une approche durable de la gestion des déchets en démontrant que les matières plastiques et organiques peuvent être réutilisées, transformées et commercialisées plutôt que rejetées dans la nature.
Pour le révérend Jean Ngneslong, directeur national de la JEELC, cette formation dépasse le simple cadre environnemental. Elle participe à la construction d'une jeunesse responsable, entreprenante et consciente de son rôle dans la préservation de la création. Les participants sont ainsi appelés à devenir, dans leurs localités respectives, des ambassadeurs des bonnes pratiques environnementales et de l'économie circulaire.
Au-delà de l'apprentissage technique, cette initiative met en évidence une tendance qui gagne progressivement du terrain en Afrique : faire de la transition écologique un moteur de développement économique. Dans plusieurs pays du continent, le recyclage, la valorisation des déchets et l'entrepreneuriat vert apparaissent désormais comme des secteurs d'avenir, capables de répondre à la fois aux défis environnementaux et aux besoins d'insertion professionnelle des jeunes.
À Touboro, cette expérience montre qu'une politique de gestion durable des déchets peut également devenir un levier d'innovation, de création de richesse et de développement local. Une démonstration que, dans une économie circulaire, ce qui est considéré comme un déchet aujourd'hui peut devenir la matière première des opportunités de demain.